Indice 2014 Mo-Ibrahim/Bonne gouvernance: Le Bénin perd 5 places (A quoi sert le Conseil Présidentiel de l’Investissement?)

moEn un an de gestion, la bonne gouvernance au Bénin a pris du plomb dans les ailes. En témoigne à bon escient le nouveau classement de l’Indice Mo-Ibrahim de la Bonne gouvernance. De la 13ème place en 2013, le Bénin chute à la 18ème place en 2014. De quoi susciter des interrogations quand on sait que le Président du Bénin, Boni Yayi, ainsi que son entourage n’ont de cesse de vanter les prouesses socio-économiques du Bénin qui seraient sur la voie de l’émergence. Quid de ce bond ?

La fondation Mo Ibrahim a publié, lundi 29 septembre, son indice annuel sur la gouvernance en Afrique. Bilan : l’Afrique progresse mais le Bénin de Boni Yayi régresse. C’est le constat qui ressort du classement fait par cette institution. Selon cet indice mesuré sur la base de 14 indicateurs regroupés en quatre (4) catégories que sont la Sécurité et la Souveraineté du Droit, la Participation et les Droits de l’Homme, le Développement Economique Durable et le Développement Humain, le Bénin qui occupait la 13ème place en 2013 avec 58,7 points passe à la 18ème place en 2014 avec 56,7 points.

Au niveau de la Sécurité et de l’Etat de droit, le Bénin avait 61,7 points en 2013 mais se retrouve cette année avec 55,6 points soit une chute de -6,1 points. Une baisse qui vient mettre un accent particulier sur les violations tous azimuts de la constitution et les actes de répression barbare dans lesquels le gouvernement Béninois est passé maître avec les interdictions de marche pacifique des syndicalistes, signe pourtant d’une vitalité de l’Etat de droit.

021102013103740000000JA2754p011Au niveau de la Participation et les Droits de l’Homme, le Bénin détient 65,6 point contre 68 points en 2013. Là aussi une baisse de -2,5 points qui se traduit entre autres par la non organisations d’élections transparentes et libres et la faible participation des femmes au processus décisionnel malgré la promesse d’une prétendue parité faite par Boni Yayi. Une augmentation des actes de corruption, de détournement de fonds publics et la transparence. Ceci malgré la mise en place de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption et les lois votées en ce sens. Aussi on note que le niveau de la terreur politique est élevé avec une criminalité violente et des crises sociales.

Au niveau du Développement Economique Durable qui comprend la gestion publique, le secteur agricole et l’environnement des entreprises, de 49,5 points, le Bénin est passé à 47points. Ceci se traduit entre autres par un climat des affaires peu orthodoxe faite de concurrence déloyale avec la promotion des entrepreneurs étrangers, etc..

Enfin, au niveau du développement humain à savoir la protection sociale, l’éducation, la santé, on assiste enfin à une progression. De 58,4points, le Bénin passe à 58,2points. Une hausse qui se traduit par la dispense et la qualité de l’enseignement sur fond de construction des salles de classes, de gratuité de l’enseignement ainsi que la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile avec à la solde la Régime Assurance Maladie Universelle (Ramu), la gratuité de la césarienne ; en gros l’accès au service sanitaire.

A quoi sert finalement le Conseil Présidentiel de l’Investissement ?

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De mémoire de journaliste, l’on se rappelle qu’il y a un an, alors que l’indice Mo Ibrahim classait le Bénin à la 13ème place sur les 52 pays d’Afrique, le Secrétaire permanent du Conseil Présidentiel de l’Investissement, à travers une sortie médiatique s’est réjouie de la place confortable qu’avait occupée le Bénin. Selon eux, le Bénin excellait en bonne Gouvernance et dans la lutte contre la corruption. Mais aujourd’hui, face à la baisse qui vient d’être révélée, l’on se demande ce qu’a bien pu faire le Conseil Présidentiel de l’Investissement pour permettre au Bénin de garder son ancienne place. Assurément rien, si ce n’est se jeter des lauriers et se complaire dans une autosatisfaction béate et insipide.

La réalité est là. La CPI dirigée par le fils Nasser du Président Boni Yayi ne sert à rien sinon pomper et gaspiller les ressources de l‘Etat. 36 millions FCFA, tel est le budget de fonctionnement du Secrétariat Permanent du CPI selon la loi de finance 2013. Comment comprendre qu’une institution qui doit mener, accompagner, entre autres, la mise en œuvre des réformes visant une meilleure qualité de l’environnement des affaires soit incapable d’assumer sa mission et qu’elle continue d’exister. A quoi sert ce Conseil s’il n’est pas capable d’impulser un véritable dynamisme aux réformes et inverser  durablement la tendance baissière ? La question mérite réflexion surtout quand on apprend que les déplacements du Chef de l’Etat, depuis 2006, ont coûté 21 Milliards de FCFA au trésor public. (Propos de Laurent Mêtongnon, Secrétaire Général de la Fesyntra-Finance).

Ulvaeus BALOGOUN

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Ulvaeus BALOGOUN
Journaliste Béninois, Critique de cinéma, Directeur du journal en ligne www.leleaderinfobenin.net

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