Tabaski 2014 : Dakar sous un air de mouton

IMG852Rues sales, polluées par l’urine et les crottes de moutons. Air irrespirable. Grouillement des mouches qui virevoltent autour de sacs de foin entassés. Des enfants qui s’amusent dans les excréments de moutons sans se soucier des microbes qui circulent. Voilà qui résume à merveille la magie de la fête de la Tabaski dans les rues de Dakar au Sénégal.

Une petite ballade dans les quartiers de Médina en passant par Gueule-tapé, Fass ou Colobane, dans la ville de Dakar, en cette fin du mois de septembre, suffit pour remarquer la présence accrue de moutons, attachés pour la plupart devant les maisons. Des moutons qui vivent en étroite cohabitation avec les habitants en plein milieu du trottoir. Une  occupation anarchique qui vient en rajouter à l’insalubrité permanente des quartiers de la capitale du pays de la Téranga.

S’il est vrai que le Sénégal est, selon sa constitution, un pays laïc, la religion musulmane est celle la plus pratiquée. Et comme il est de coutume dans la religion musulmane, cette période de Septembre-Octobre est celle du pèlerinage à la Mecque suivie de la Tabaski. La Tabaski, la fête du mouton à laquelle la ville de Dakar ne veut pas être du reste.

Ainsi, les dakarois ne ménagent aucun effort pour s’acheter des moutons dans le cadre de la Tabaski. Mais si cette pratique répond à une coutume religieuse, il est indécent de constater les conditions dans lesquelles ces moutons sont entretenus, exposés au bord de la voie, sans aucun respect des normes de salubrité et surtout du respect du voisinage. Il est donc aisé et tout à fait normal de voir des moutons occupés le trottoir avec leur nourriture parfois de branchages ou de foin.

La chose paraît si normale que personne ne s’en plaint à moins d’être un étranger et de trouver cela totalement à l’antipode des bases de propreté. « C’est comme cela nous faisons ici » vous répondra-t-on si vous vous plaignez de cette occupation anarchique du trottoir. Et comme si cela ne suffisait pas, la Tabaski est le prétexte pour les vendeurs de moutons pour transformer tout Dakar en points de vente. La ville se transforme en une vaste bergerie. Ceci dans la plus totale insalubrité. Et il suffit d’une petite pluie pour que l’odeur qui se dégage devienne irrespirable, à la limite de l’intoxication.

Et pourtant, les dakarois semblent ne pas se rendre compte que cette exposition dans des conditions peu orthodoxes des moutons, en plein milieu du trottoir, posent des problèmes d’ordres sanitaires. A se demander à quoi sert la police municipale de la ville de Dakar qui croupit pour le moment sous un air de moutons.

Ulvaeus BALOGOUN

The following two tabs change content below.
Ulvaeus BALOGOUN
Journaliste Béninois, Critique de cinéma, Directeur du journal en ligne www.leleaderinfobenin.net

3 commentaires sur “Tabaski 2014 : Dakar sous un air de mouton

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *